Prise en compte des algues dans le relevé protocle IBMR

Added by Christian Chauvin about 1 year ago

Message à la forge de Margaut SAÜT (AE Adour Garonne, le 15/02/2018

Dans le cadre des contrôles d’échantillons macrophytes, on avons pu constater des divergences de pratique lors du traitement des échantillons de taxons en mélanges. La Norme IBMR NF T 90-395 n'étant pas précise sur les seuils de prise en compte des taxons les plus faiblement représentés dans ce groupe, il n'y a pas de pratique homogène.

A défaut de précision contractuelle, nous avons préconisé temporairement des seuils arbitraires avec notre mandataire de contrôle, repris ci-dessous:

• Dans le cas d’algues en mélanges, un taxon doit être pris compte lorsqu'il y a présence d'au moins 1 filament de ce taxon par lame observée, et ce, sur 3 lames (nombre de lames préconisé pour l'observation des algues). La traduction de ce seuil en % est approximative et avoisine les 1% de l'échantillon observé.

• Dans le cas de bryophytes en mélange, un taxon doit être pris en compte dès la présence d’un brin sur la lame.

Ces derniers faisant débat avec les prestataires du bassin, quelles sont les consignes nationales à appliquer de manière à assurer une harmonisation des pratiques?

En vous remerciant par avance de votre retour

Margaux SAÜT AEAG


Replies (2)

RE: Prise en compte des algues dans le relevé protocle IBMR - Added by David Heudre about 1 year ago

Bonjour Christian,

Nous avions déjà eu cette discussion il y a quelques années il me semble.

Personnellement je pratique toujours de la même façon :
-j'identifie les colonies macroscopiques d'algues sur le terrain,
-de retour au laboratoire je n'ajoute que les algues présentes dans ces colonies macro à la liste floristique. Je n'ajoute pas les algues invisibles à l’œil nu mais que l'on aperçoit lors de la détermination des bryo ou des plantes sup si on passe au microscope (Exception faite bien sûr de mélanges Bryo/algues visibles à l’œil nu). De plus je n'ajoute que les algues ayant une part notable dans le mélange : exit toutes les algues présentes à hauteur de seulement un ou deux filaments.

La pratique qui se repend depuis quelques années de compter toutes les algues aperçues et à mon avis néfaste à l'interprétation de la liste, car on arrive à des cas extrèmes ou la moitié de la liste est composé d'algues associées à des recouvrement infimes. Comme tu le disais, ceci provoque une montée artificielle des métrique de diversité. De plus, certains taxons comme Diatoma sp., Melosira sp. ou Phormidium sp. se retrouvent dans quasiment tous les inventaires sans pour autant que des colonies n'aient été observés sur le terrain : pour peu que l'on cherche suffisamment on en trouve presque toujours quelques filaments coincés dans les algues du type Vaucheriae ou Cladophora qui font "filtre".

Pour info, je sais que Mikaël Tréguier et toute l'équipe d'Aquascop pratiquent de manière similaire.

S'il y a besoin de monde, je suis prêt à participer au groupe Ad hoc lorsque la révision de la norme sera effectivement lancé.

Bonne journée,
Amitiés,
David HEUDRE

RE: Prise en compte des algues dans le relevé protocle IBMR - Added by Christian Chauvin about 1 year ago

Bonjour,
merci David pour ces précisions. Ce sujet revient effectivement très régulièrement sur la table, il n'y a pas de réponse très satisfaisante, cela pose un problème formel pour les aspects "qualité" (et source de conflits dans les audits ou entre donneurs d'ordres et prestataires).
Pour moi, la façon de faire que tu décris est la bonne, celle qui est préconisée dans les formations et dans le projet de guide. Elle est toutefois difficile à documenter formellement : difficile de chiffrer une "part notable" ou "quelques filaments", ainsi que l'effort d'observation (nombre de lames par échantillons, nombre de champs observés). La montée en puissance de la compétence des opérateurs ou le recours à des experts spécialisés est une source importante d'inflation, tant pour la richesse spécifique algale que pour l'arrivée de nouveaux taxons dans les listes (plein de "nouveaux" genres d'algues depuis 2 ans !). Je comprends que cela peut être frustrant, pour un algologue, de ne noter que les genres "principaux"...
Je me pose la question de raisonner pour les algues en terme de liste fermée. C'est à dire qu'il pourrait y avoir une liste définie de genres d'algues potentiellement contributifs à la liste "macrophytes". Les autres resteraient dans les données brutes, mais ne compteraient pas pour les calculs de métrique. Liste évidemment révisable au regard des données. Cela pourraient résoudre la question d'inflation de la richesse taxo totale (beaucoup de genre planctoniques apparaissent, par exemple, car sous forme de fragments de filaments coincés dans d'autres algues benthiques, comme tu le mentionnes), mais ne résoudrait pas celle de la prise en compte uniquement des genres "principaux constituants de l'amas macroscopique observé".
S'il est possible de documenter et d'encadrer suffisamment précisément la méthode que tu décris, ce sera une bonne piste. Le protocole proposé par Monique Aubert (celui décrit dans la question posée par Margaut SAÜT sur la forge) peut être aussi une idée intéressante pour son pragmatisme. Monique l'a soumise aussi au GIS Macrophytes.

Le groupe d'experts de la CN AFNOR constitué pour la révision de la norme est révisable, ta participation sera la bienvenue. Ces travaux devront effectivement (re)démarrer ce premier semestre 2018.

Bien cordialement
Christian Chauvin

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